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« Puisque la philosophie est celle qui nous instruit à vivre, et que l’enfance y a sa leçon, comme les autres âges, pourquoi ne la lui communique-t-on pas ? (…) On nous apprend à vivre quand la vie est passée. Cent écoliers ont pris la vérole avant que d’être arrivés à leur leçon d’Aristote, de la tempérance. (…)Un enfant en est capable, au partir de la nourrice, beaucoup mieux que d’apprendre à lire ou écrire. La philosophie a des discours pour la naissance des hommes comme pour la décrépitude.» Montaigne, Essais I, 26, De l’institution des enfants

 

Philosopher  avec les enfants, quelle drôle d’idée !

 

Pourquoi  pas avant 7 ans environ  ?

Parce qu’avant cet âge environ l’enfant s’en pose énormément, des questions, mais il n’est pas encore équipé pour organiser sa réflexion.

 

Pourquoi dès 7 ans  environ ?

Parce que le petit d’homme est naturellement curieux. D’ailleurs ses questions et traits d’esprit embarrassent parfois les Grands.

 

Pourquoi la conversation philosophique ? 

Cela signifie apprendre à penser au travers des questions et échanges. S’interroger, soupeser les données d’un problème, proposer un raisonnement, étayer son jugement pour répondre aux propositions et objections des autres participants. 

 

Sur quoi portent ces discussions ?

La discussion peut partir d’une notion qui turlupine les jeunes gens, que le sujet provienne de leur vie quotidienne ou d’un fait divers qui les a marqués. Elle part du particulier pour aborder le fond du sujet : la justice ? L’amour ? La vérité ? Un questionnement socratique pour les intimes.

Aussi, une séance par mois nous partirons d’un support culturel, d’un « texte fondateur » dirait-on dans le programme des 6e et 5e : un mythe, un conte, une fable, une légende. Autant de récits riches en aventures qui parlent au cœur et à l’esprit de tout être humain, parce qu’ils font écho à des expériences universelles.

 

Oui, mais quelle utilité ?

Eh bien figurez-vous qu’il est scientifiquement prouvé que  « les écoliers qui ont pratiqué la discussion philosophique chaque semaine améliorent considérablement leurs résultats en maths et en lecture, écriture ». Des chercheurs ont suivi quelques 3000 écoliers britanniques dans 48 écoles. Il s’est avéré que ceux ayant participé à une heure de conversation philosophique chaque semaine avaient vu leurs résultats bondir à la fois en lecture, écriture et en mathématiques. Et cet effet sur l’acquisition des fondamentaux est encore net deux ans plus tard.

 

Comment s’explique ce prodige ?

En discutant, l’enfant est confronté aux limites de sa pensée. Il est invité à développer ses arguments, préciser les notions employées : une faculté d’analyse ainsi qu’une logique bien utiles ensuite pour s’approprier le langage, mais aussi décortiquer l’énoncé d’un problème de mathématiques et procéder à une démonstration.

 

Quelle différence avec le programme de philosophie du lycée?

A l’école la philosophie est une discipline enseignée l’année du baccalauréat. Elle est souvent redoutée par les élèves qui l’appréhendent comme un cours de culture générale, d’histoire des idées, à ingurgiter et restituer. Avec l’examen à la fin de l’année, l’apprentissage n’est pas heureux et désintéressé. Nous sommes souvent bien loin d’un exercice de pensée autonome.  Ici l’enjeu est que l’enfant découvre ses propres capacités de discernement, et de raisonnement. La philosophie, bien plus qu’une matière, est un état d’esprit. L’enfant qui aura bénéficié de ces discussions philosophiques sera bien moins dépourvu, quand le bac de philosophie fut venu ;-).

 

La conversation philosophique avec les enfants, si elle a de telles vertus éducatives, pourquoi n’est-elle pas pratiquée plus largement ?

Car l’exercice est particulier : il ne s’agit pas de transmettre un savoir, mais d’accompagner la discussion et la réflexion. Ce n’est pas la posture habituelle d’un professeur. Ce n’est pas le type d’exercice qui sied le mieux à l’école. De ce point de vue un cours magistral, qui implique un rapport hiérarchique et une passivité des élèves, est plus confortable. Les enseignants, qui sont réputés « savoir », peuvent redouter les questions des élèves, craindre d’être pris au dépourvu.

Il est sain pourtant que les enfants sachent que les adultes, même leurs parents, même leurs professeurs, n’ont pas réponse à tout. Il est sain que les enfants, au lieu d’apprendre à se reposer entièrement sur le prêt-à-penser transmis par l’autorité, apprennent à utiliser leurs propres facultés.

 

Liens  Vocatio : 

 

Pourquoi tu n’as PAS besoins de cours de philosophie? , par Alexandra

Profil complet Alexandra , qui anime ces ateliers chez Vocatio  

 

Pour aller plus loin : 

 

Pour que votre enfant soit meilleur en maths, initiez-le à la philo – Top santé 

Bénéfices qui perdurent pendant 2 ans, Slate 

Article original in English, Quartz

La philosophie enseignée aux enfants, pourquoi c’est bien – Elle 

 

 

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